La tempête Xynthia à Damgan

mercredi 10 mars 2010
par  L’association Damgan Autrement

Il y a une semaine la tempête Xynthia frappait la côte atlantique. Si notre contrée a eu la chance d’être plus épargnée que d’autres départements, nous devons pourtant regarder la réalité en face : il aurait suffit de quelques degrés plus au Nord, et la mortelle Xynthia aurait pu traverser Damgan.

Ce dimanche 28 février 2010, la surcote du niveau de mer mesurée en rivière de Penerf a été de 1,35 m avec un coefficient de 102 et des vents forts de Nord-Ouest.

À cinq heures du matin des débordements marins étaient constatés avec des routes coupées :

  • Route en direction de Penerf, au niveau de St-Guérin.
  • Route de Larmor.
  • Route d’Ambon, près de la station d’épuration.
  • Route dans le lotissement de Kerhellec, la rue des marais.
  • Route du lotissement Prat Godet.

et

  • Des terrains inondés ( et certaines maisons) au Moncello, à St-Guérin, au Prat Godet, au Dendec, avenue Charles de Gaulle, terrain de l’Abri ...
  • Un recul du trait de côte constaté au Guénéguélo et au Dendec.
  • Des coupures ERDF dans certains secteurs : St Guérin, Prat Godet...

A cela, il faut ajouter les installations ostréicoles malmenées à terre et dans les parcs ...

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Le 28 février 2010, avenue Charles de Gaulle, côté marais
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Juste en face, le terrain de l’Abri

Il ne s’agit pas de polémiquer, mais de montrer la réalité et son ampleur. La Mairie vient d’annoncer, à la demande de nombreux sinistrés, que « La commune va demander à être classée en zone de catastrophe naturelle. Tous les particuliers qui ont eu des dégâts dans leur habitation sont invités à se faire connaitre en Mairie et à y déposer un double de la déclaration de sinistre (avec quelques photos) adressée à leur compagnie d’assurances. »

Oui nous vivons avec un certain nombre de risques naturels sur un territoire particulièrement fragile. Et le rôle des pouvoirs publics, et donc celui de la Mairie est d’agir préventivement contre ces risques, dans la limite de leurs capacités.

Cela implique en amont une politique d’urbanisme courageuse, novatrice.

Le principe de précaution devrait être la règle en matière de zones constructibles et de zones inondables. Car la dernière tempête, certes exceptionnelle a montré une fois de plus le bien fondé de la Loi Littoral. [1]

Votée en 1986 à l’unanimité par le Parlement, la Loi Littoral fait obligation aux acteurs publics de l’urbanisme de protéger les espaces naturels remarquables. En pratique, la loi contraint les communes à déclarer l’ inconstructibilité de ces espaces : une commune qui ne respecterait pas cet objectif est susceptible de voir son plan local d’urbanisme annulé. La loi interdit également toute construction et installation nouvelle à moins de 100 mètres du rivage en dehors des zones urbanisées.

La Mairie de Damgan a d’ailleurs été condamnée en 2006 pour n’avoir pas respecté plusieurs dispositions de cette Loi Littoral et la révision du POS a été annulée par le tribunal.

On ne peut que se réjouir que les pouvoirs publics déclarent vouloir appliquer « à la lettre » cette loi. Car chacun sait bien que d’exception en exception, cette disposition finirait par disparaître.

La semaine dernière à Carnac, le commissaire enquêteur (représentant le Préfet) a émis un avis défavorable au projet de plan local d’urbanisme (PLU), mettant en avant les contraintes de la loi Littoral.

On sait bien que les élus subissent des pressions pour urbaniser davantage en bord de mer. Dans un article de Ouest-France du 3 mars 2010, Jean-Pierre Bigorgne, président de l’Union des associations de défense du littoral (Udal) déclarait : « Il y a des menaces, des chantages. La pression est forte de la part de ceux qui veulent que leur terrain devienne constructible ou le reste. Ces propriétaires sont aussi des électeurs. ». Dans le même article, Jérôme Bignon, président du Conservatoire du Littoral : « Difficile de regarder des gens droit dans les yeux en leur disant : ’ Votre terrain qui valait beaucoup d’argent et qui était constructible ne l’est plus ’ »

À Damgan, nos trois élus et notre association seront très vigilants dans la préparation du PLU sur tous ces sujets.

Et la prévention….

Nous pourrions également mieux « gérer » ces risques. À Damgan, comme souvent ailleurs, on préfère se taire et ne rien dire en amont. « Il ne faut pas affoler... », « ça a toujours été comme ça... », « de toute façon, on n’y peut rien », etc..

Rappelons que les Maires sont responsables, dans leur commune, de l’organisation des secours de première urgence.

Et notre commune s’honorerait d’ être exemplaire, en prenant de l’avance sur les dispositions obligatoires. Pourquoi ne pas préparer l’élaboration d’un « plan préventif communal de sauvegarde », avec l’aide des services de l’État et des associations concernées. Dans le « Document départemental des risques majeurs », le Préfet est clair : « Il est cependant recommandé à l’ensemble des communes du département d’en élaborer un, afin de pouvoir faire face à tout type de crise ».

Ce plan pourrait se fixer plusieurs objectifs :

  • Le recensement des zones à risques à Damgan (souvent inondées, rarement, toujours). On pourra faire appel à l’ expérience des plus anciens Damganais qui connaissent très bien les endroits sensibles.
  • les mesures immédiates de sauvegarde et de protection des personnes,
  • l’organisation nécessaire à la diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité,
  • Le recensement des moyens techniques et humains qui peuvent être mobilisés en quelques heures (services techniques, élus, volontaires).
  • Donner des conseils aux personnes concernées (en cas de risque annoncé, monter les machines sur des parpaings, garder à proximité des lampes de poche en état de marche, recharger ses téléphones portables, etc., sacs de sable devant les portes).
  • Prendre en compte l’arrivée massive de nouveaux Damganais qui viennent d’autres régions et qui n’ont jamais été confrontés à des tempêtes, à des grandes marées.
  • Une mini « cellule de crise » qui centralise les informations et les relaye auprès des services publics.
  • Réfléchir au problème des résidences secondaires vides. Qui prévenir en cas de problème ?
  • Faire un bilan exhaustif des dégâts après chaque tempête. Le présenter au Conseil Municipal.

Nous avons également constaté que dans ces moments, beaucoup de personnes sont prêtes à aider, à faire quelque chose. La solidarité fonctionne quand on y fait appel. Et elle renforce le lien social entre habitants.

Espérons en tous cas que toutes les bonnes intentions affichées au lendemain de la tempête ne seront pas remisées au fond d’un tiroir. Prendre en compte préventivement tous ces problèmes dans leur complexité devrait être la priorité à Damgan.

Sur notre site, on relira les articles déjà publiés sur ce thème et qui illustrent bien notre propos :

Un article sur le laxisme des permis de construire dans La Vie du 9 mars 2010.

Pour une explication détaillée du phénomène météo, lire un article passionnant de la revue Voiles et Voiliers.


[1Sur le site de Légifrance, on pourra consulter le texte de cette loi.


Commentaires

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La tempête Xynthia à Damgan
jeudi 11 mars 2010 à 07h00 - par  Paul-Edouard

Puisque vous revenez sur le sujet du POS annulé par la justice, j’aimerai savoir combien LES procès perdu ont coûté à la Commune et donc aux contribuables que nous sommes ?

Et puis rappelez-moi la profession du Maire ? Il ne devrait pas être "incollable" sur le droit ?

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dimanche 14 mars 2010 à 21h33 - par  paul

La profession du maire lui permet de dire qu’il est le meilleur en droit et de prendre les lois à sa façon quant ça l’arrange

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La tempête Xynthia à Damgan
mercredi 10 mars 2010 à 10h25 - par  yann

Très intéressant votre article sur la tempête, et notamment la prise en compte de la nécessité du"préventif" avec une documentation très riche et bien présentée, vous allez faire de l’ombre aux autres points locaux d’information... Je n’ai pas pu accéder au lien "inondations" ? Est-ce normal ? Si je peux me permettre de compléter : Il serait bon de signaler que si notre commune est déclarée en catastrophes naturelles, pour l’indemnisation, l’assuré doit déclarer le sinistre à l’assureur dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans les dix jours qui suivent la publication de l’arrêté interministériel au Journal Officiel.

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mercredi 10 mars 2010 à 18h08 - par  Pierre Bleiberg

Merci de vos précisions. Quant au "lien mort", il est réparé et fonctionne à nouveau.

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